La Russie toujours au cœur des débats 70 ans après la création de l’Otan

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L’Otan a fêté ses 70 ans ce jeudi 4 avril. Les représentants des 29 pays membres se sont réunis à Washington. Un anniversaire dans un contexte délicat pour l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui rassemble la plupart des pays européens mais aussi les États-Unis, le Canada et la Turquie. Créée pour faire face à la menace soviétique, l’alliance reste, sept décennies plus tard, focalisée sur Moscou, au centre des discussions dans la capitale américaine.

La première réunion plénière des ministres était consacrée à la menace russe. Les alliés ont solennellement appelé Moscou à se conformer au traité INF de désarmement sur les armes nucléaires de portée intermédiaire.

Un texte dénoncé par le président américain après de multiples violations par les Russes. Il y a peu d’espoir cependant que Moscou réponde à la requête de l’Alliance atlantique. Le secrétaire général a lui-même reconnu que l’Otan se préparait à vivre dans un monde sans traité INF.

Les alliés ont aussi adopté ce jeudi matin un train de mesures destinées à renforcer la surveillance en mer Noire. Il s’agit, là encore, de lutter contre la menace russe : l’Otan va déployer plus de navires pour permettre aux bateaux ukrainiens de circuler en sécurité dans ce secteur.

Divisions internes

L’Otan affiche donc son unité face à la menace russe, mais des tensions subsistent entre les alliés et en particulier entre les États-Unis et la Turquie. Ankara a confirmé l’achat d’un système antimissile russe et cela ne plaît pas du tout aux Américains. Le secrétaire d’État a mis en garde contre des conséquences potentiellement dévastatrices si ce système S-400 était déployé sur le territoire turc.

Le secrétaire général de l’Otan, lui, s’est tenu à l’écart de ce conflit. « Il s’agit d’une affaire bilatérale », a estimé Jens Stoltenberg qui s’est dit cependant heureux de favoriser le dialogue entre les deux parties.

Enfin, la question des contributions au budget de l’Otan a de nouveau été débattue. Les Américains ne cessent de réclamer que les pays membres investissent plus. À ce sujet, le secrétaire général de l’alliance a affirmé que des progrès avaient été accomplis, mais sans livrer plus de précisions.

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L’Otan appelle à poursuivre la lutte contre le groupe État islamique

Les 29 pays membres de l’Otan ont aussi évoqué ce jeudi la menace terroriste et notamment celle du groupe État islamique (EI). Le secrétaire général de l’Otan a appelé à ne pas baisser la garde malgré la défaite territoriale du groupe terroriste, et ce alors que Donald Trump souhaite, lui, rapatrier ses troupes de Syrie.

« Nous avons fait d’énormes progrès dans le combat contre l’organisation État islamique. Les jihadistes ont perdu le territoire qu’ils contrôlaient, mais l’EI est toujours une menace. Le groupe est entré dans la clandestinité et nous devons continuer nos efforts pour nous assurer que l’EI ne retrouve jamais le statut qu’il avait il y a quelques mois. Et c’est la raison pour laquelle la coalition contre l’État islamique doit poursuivre son travail et c’est pour cela aussi que l’Otan ne réduit pas mais augmente au contraire ses efforts pour entraîner, renforcer les capacités, et aider les forces de sécurité irakiennes afin qu’elles puissent stabiliser leur pays. L’une des meilleures armes dont nous disposons pour lutter contre l’État islamique est d’aider les autorités locales. L’Otan fait beaucoup d’autres choses, et nous luttons ensemble pour combattre la menace posée par les combattants étrangers, notamment en partageant toutes nos données biométriques, ce qui est important pour tous les alliés », a déclaré Jens Stoltenberg.

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